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Lever un regard d’espérance au-delà du quotidien.

22 juin 2023 Thomas More
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Mes bien-aimés, ne vous laissez pas dérouter : vous êtes mis à l'épreuve par les événements qui ont éclaté chez vous comme un incendie ; ce n'est pas quelque chose de déroutant qui vous arrive. Mais, puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d'être dans la joie et l'allégresse quand sa gloire se révélera. Si l'on vous insulte à cause du nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous.

Si l'on fait souffrir l'un de vous, que ce ne soit pas comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme dénonciateur. Mais si c'est comme chrétien, qu'il n'ait pas de honte, et qu'il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien. Car voici le temps du jugement : il va commencer par la famille de Dieu. Or, si cela débute par nous, comment finiront-ils, ceux qui refusent d'obéir à l'Évangile de Dieu ? Et, si le juste est sauvé à grand-peine, où donc se retrouvera l'homme impie et pécheur ? Ainsi, ceux qui ont à souffrir pour avoir fait la volonté de Dieu, qu'ils continuent à bien agir en confiant leur vie au Créateur, qui est fidèle. (Pi 4, 12-19)

Pierre s’adresse aux premiers chrétiens. Ils ont récemment découvert le Christ et rêvé à son retour imminent pour changer le monde en Royaume des Cieux, loin du brouhaha et des tribulations du quotidien. Pierre leur précise la place de l’espérance qui ne s’oppose pas à la vie d’aujourd’hui, mais porte nos réalités vers plus grand que nous.

Il n’y a pas de vie fluide et sans accroc. Alors Pierre nous invite clairement à vivre pleinement les événements en les acceptant comme ils sont, des épreuves, des souffrances, des insultes. Ce n’est évidement pas une recherche masochiste, et l’auteur prend soin de conditionner les évènements « Si, … » pour que nous goûtions ce qui nous arrive, joie et peine, en les portant comme elles doivent être portées, avec humanité et attention aux autres, avec l’Esprit qui repose en nous.

Néanmoins, il serait difficile de tout accepter par principe. Pierre nous invite surtout à continuer à bien agir en confiant notre vie au Créateur. C’est ainsi qu’il nous propose en fait, de lever notre regard, pour les porter au-delà de ces tribulations. Nous sommes invités à porter les évènements de nos vies plus loin que leur immédiateté. Parce qu’en guérissant le mal sur la Croix, le Christ n’a pas simplement guéri le pécheur, il l’a aussi transformé en digne fils de Dieu. Et donc derrière toutes nos épreuves, il y a l’espérance de quelque chose de plus grand auquel nous serons conviés un jour. C’est cette espérance que Thomas More portait quand il exprima à ces juges qu’il espérait les retrouver au paradis comme Etienne et Paul s’y sont retrouvés :  

Garde-toi de toute inimitié et mauvais vouloir envers tout homme vivant. Car ou bien un homme est bon, ou bien il est méchant. S’il est bon et si je le hais, c’est moi qui suis méchant.

S’il est méchant, ou bien il s’amendera, aura une bonne mort et ira à Dieu ; ou bien il demeurera méchant, aura une mauvaise mort et ira au Démon. Et souviens-toi que, s’il vient à être sauvé, il ne manquera pas (si je suis sauvé aussi, comme j’en ai l’espérance) de m’aimer très cordialement, et que je l’aimerai alors de même.

Pourquoi donc haïrais-je à présent pour un temps un homme qui m’aimera ensuite pour toujours ; et pourquoi serais-je à présent l’ennemi d’un homme auquel, le temps venu, je serai conjoint en amitié éternelle ?

Saint Thomas More, entraîne-nous à ta suite, à lever le regard vers le Ciel pour que ne soyons pas terrassés par les épreuves que nous subissons mais qu’un coin de notre âme soit habité par l’espérance contre toute espérance.




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